MESSAGE POUR L’ISRA ET LE MIRAJ 2013

Nous allons accueillir la nuit de mercredi à jeudi, le 5 juin 2013, l’isra et le miraj sacré. Je souhaite que cette nuit sacrée illumine notre monde intérieur et notre voûte céleste éternellement, et apporte une résurrection et une sérénité sans fin dans nos cœurs. Je souhaite que l’isra et le miraj que nous allons accueillir, apporte de la bonté, de la sérénité et du bonheur à tous les hommes, à notre nation de 7 à 77 ans, à l’oumma islamique et à l’humanité toute entière. Je célèbre cette nuit d’illumination à tous les fidèles.
 
Le miraj qui arrive chaque année nous rappelle que le seul et unique propriétaire des voies permettant l’élévation est Allah. L’isra et le miraj est une purification et une élévation à Dieu. La voie de l’élévation à Allah passe par l’épuration des caprices et des désirs, de l’ambition, la vengeance, la colère, la fureur, l’arrogance et la fierté. Aujourd’hui nous devons de nouveau réfléchir sur l’élévation matérielle et morale des individus, de la société et de l’humanité toute entière en prenant en compte le sens de l’élévation de l’isra et du miraj.
 
Le fait que le dernier guide de l’humanité, notre prophète Mohammed (paix soit sur lui) soit retourné sur terre parmi les hommes après l’élévation à Allah à l’isra et le miraj, en tant que guide et pionnier de la justice, de la compassion et de l’amour, pour continuer à nous montrer la voie de la libération éternelle, est chargé de sens.
Dans les derniers versets de la sourate al-Baqarah apportée en tant que présent de l’isra et du miraj par notre prophète Mohammed (paix soit sur lui), Allah nous rappelle nos grandes responsabilités ainsi que nos faiblesses. Chaque responsabilité est une chose de confiée. Et chaque personne qui la porte sur ses épaules se doit d’être humble et modeste envers tous les individus, en s’éloignant de toute sorte d’hostilité, de colère, d’envie et de jalousie, de fierté et d’arrogance. Car notre prophète (paix soit sur lui) dit que la modestie élève l’homme, l’arrogance le dégrade, la fierté le trompe et l’envie l’anéantit. Les faiblesses mortelles de notre nafs nous éloignent de toute sorte de miraj et d’élévation.
 
Dans la vision de l’homme et de la société du point de vue de l’islam, les serviteurs de Dieu ne peuvent pas être supérieurs les uns aux autres. La force, la puissance sont uniquement et seulement possédées par Allah. Pour chaque catastrophe et chaque calamité qui nous tombe dessus, nous nous demandons si nous avons fait une erreur qui a contrarié Allah, si nous avons brisé un cœur et faisons nos comptes de notre propre nafs, et nous agissons avec cette responsabilité jusqu’à notre dernier souffle.
 
Nous sommes obligés et contraints à protéger le droit des hommes et de tous les êtres vivants, à servir l’homme qui est le plus prestigieux et le plus honorable des créatures ainsi que toutes les créatures de la planète. Nous ne sommes pas des adversaires mais des témoins de tout instant de notre vie, et pas seulement devant la pierre tombale. Par conséquent, tous ceux qui ont pour mission de protéger l’individu, la société et l’ordre communautaire, ont comme mission sacrée de protéger le droit de chacun d’entre nous.
 
L’isra et le miraj qui arrive comme une bouée de secours, comme un sauveur dans ces jours marqués par la tristesse où notre bien-être intérieur, notre affection et notre fraternité sont un peu dépravés, où nos nafs bouillonnent de colère, d’arrogance et de fierté règnent sur nos sentiments et nos consciences, où le bon sens n’arrive pas à faire entendre sa voix, où nous nous blessons les uns les autres volontairement ou involontairement, où notre colère a gagné les rues et les places. L’isra et le miraj rafraîchit nos esprits, arrive à notre rescousse et nous couronne. Nous saluons avec nostalgie et avec amour ce beau miraj qui arrive avec ses nouvelles saintes, ses dons et ses faveurs, avec ses bénédictions et ses présents.
 
Nous souhaitons au nom de Dieu que cette nuit sainte répare les cœurs brisés et les réunisse. Que Dieu nous donne de la compassion ! Que Dieu fasse de nous des témoins et des parents les uns pour les autres ! Protège-nous de toute conspiration et mauvaise action qui essaie de nous opposer, qui essaie de morceler notre puissance, d’affaiblir notre esprit de solidarité et éparpiller nos foyers! Protège-nous de toute sorte de violence, de discorde et des démons qui portent ombrage à notre affection, à notre unité et à notre fraternité !
 
Je voudrais rappeler à l’occasion de l’isra et le miraj, que nous devons faire preuve de plus de tolérance qu’à l’habitude en tant que membres d’une civilisation qui a considéré tout au long de l’histoire les différences comme une richesse.
 
Nous devons davantage dialoguer ensemble. Nous devons davantage nous écouter. Nous devons davantage essayer de nous comprendre mutuellement.
 
Aujourd’hui, le culte est l’une des manières de maîtriser le secret de l’isra et du miraj et en réalisant notre culte durant cette nuit sainte nous essayons de devenir des fidèles solides et chargés de savoir. Nous devons nous interroger sur ce que nous représentons pour les autres, qui avons-nous mis en colère et pourquoi, quelles sont les personnes dont nous avons besoin de leurs prières, quelles sont les personnes dont nous craignons la malice et qui font que nous nous réfugions auprès d’Allah, sans lever le front de la prosternation de la prière.
 
Dans ces jours où nous passons par des virages sensibles et problématiques, nous devons réparer les cœurs blessés, recréer les ponts rompus, nous rappeler de ceux que nous avons oubliés et rechercher ceux que nous avons perdus en respect à l’isra et au miraj.
 
C’est avec ces sentiments et ces pensées que je souhaite une bonne fête de l’isra et du miraj à notre grande nation, à nos frères dans les pays proches, aux turcs à l’étranger et à l’ensemble du monde musulman. Je souhaite et prie Dieu pour que cette nuit sacrée soit l’occasion pour que les événements négatifs vécus ces derniers jours dans notre pays cèdent la place au bon sens, à la sagesse, à la paix et à la sérénité, et que les villes musulmanes qui souffrent dans notre proche géographie de l’oppression, de l’injustice et de la violence redeviennent le foyer de la paix.
 
Le Prof. Dr. Mehmet Görmez
Président des Affaires religieuses